être heureux, pour être professionnellement épanoui

Des soucis de santé et de nombreuses discussions avec mon associé et d’autres designers, m’ont amené à faire une légère introspection pour prendre du recul sur mes activités professionnelles et associatives, à un point où je me suis demandé si j’étais vraiment heureux dans ce que je faisais.

Je suis heureux, mais…

En regardant en arrière, je me suis rendu compte qu’il y a un point commun entre mon métier de designer, le montage d’un espace de coworking, l’animation de start-up week-end et partager en donnant des cours ou des conférences : être utile à autrui, et – au moins tenter de – de rendre heureux par l’expérience que mon travail ou mes projets procurent.

Toutefois, il n’y pas pas forcement moyen de mesurer le résultat des efforts fournis et le temps passant, le sentiment d’avoir été utile s’atténue… J’ai donc tendance à vouloir multiplier les projets pour continuer à me sentir utile dans notre société, un peu comme un toxicomane augmente les doses pour ressentir à nouveau les effets.

Pendant un repas lors de BlendWebMix j’exposais un produit sur lequel je suis en train de travailler et mon envie de m’investir dans Flupa et le staff ParisWeb, et Christelle Mozzati m’a demandé :

Mais toi, quand est ce que tu t’arrêtes de te charger de projets ?

Cette excellente question m’a interpellée, et a tournée dans ma tête jusqu’à ce matin, un matin comme tant d’autre où j’avais du mal à choisir sur quoi travailler.

J’ai donc fait un rapide listing des projets que je mène, dont je fais partie (décisionnel ou opérationnel) ou dans lesquels j’aimerais m’investir prochainement. Ils sont 16.

C’est beaucoup trop.

Dans ma conférence sur la productivité donnée à la KiwiParty, je parle de la loi de Little où il est question du temps que prend le passage d’une tache à l’autre. J’en suis arrivé à un point où j’ai l’impression de dépenser toute mon énergie à naviguer d’un projet à l’autre plutôt qu’à la dépenser dans ces projets qui me tiennent à coeur. Je ne vois plus mes projets avancer et ne ressens plus la satisfaction des utilisateurs de ceux-ci. Je me sens épuisé, et bien malheureux.

Et ça ne peut plus durer.

À la recherche du bonheur, ou comment simplifier tout ça.

Ce qui me rend heureux, c’est de rendre heureux les autres.

Après avoir listé tous ces projets ce matin, j’ai entrepris d’en faire le tri de façon à me simplifier la vie et surtout de réaligner mes projets avec mes aspirations et mes valeurs.

Tout ces projets sont passés dans différentes matrices d’Eisenhower, basées sur différents critères : Importance du projet à mes yeux, Temps que le projet prend, rémunérateur (argent ou autre), Me rend-t-il heureux, En ai-je vraiment envie, etc.

À chaque fois qu’un projet rentre dans la double négation de la matrice, il est noté dans les projets à stopper. Ceux qui ont passé positivement les différentes matrices – il ne sont pas nombreux finalement – vont devenir ma priorité. Quant aux autres, ils passent en stand-by, quel que soit leur état d’avancement et de maturité.

Concrètement, cette liste de 16 projets vient de passer à 5 qui me correspondent vraiment, et peuvent à eux seuls contribuer à me rendre heureux.

Bien sur, je ne vais pas tout claquer du jour au lendemain, mais les projets à stopper et à mettre en stand-by le seront d’ici la fin d’année, pour débuter 2016 dans un bon état d’esprit. Je vais également apprendre à dire non, pour ne pas finir 2016 comme je fini 2015, et rester heureux !

Et vous, qu’est-ce qui vous rend heureux dans votre métier ou dans votre vie ?